Les intervenants ITMP ont élaboré au numéro spécial de KS de février 2013 sur la cervicalgie
Le rachis cervical partage avec l’ensemble du rachis un rôle de protection du système nerveux. Une fonction propre lui est en outre attribuée, une mobilité exceptionnelle qui nous fait dire qu’il est à la dévotion des organes des sens.
Le masseur-kinésithérapeute se doit de tout mettre en œuvre pour retrouver et maintenir cette mobilité mais il se trouve régulièrement démuni pour appréhender cette région sensible et complexe.
Notre expérience de formateurs nous a naturellement amenés à piloter ce numéro spécial. Faisant de toute approche symptomatique et protocolaire, notre propos se veut didactique.
L’odyssée cervicale sous-entend une compréhension de son organisation biomécanique, mais aussi ses interactions avec le rachis thoracique et la ceinture scapulaire. C’est volontairement que nous avons voulu limiter cette approche en laissant de côté les problèmes radiculaires et tronculaires résultant d’une souffrance des éléments neurologiques présents à ce niveau.
Ce numéro se veut suivre un fil rouge permettant aux lecteurs à partir d’une relecture des connaissances anatomo-physiologiques et pathomécaniques, de construire les différentes étapes du traitement de leurs patients.
À la lumière d’un bilan-diagnostic organisé, le traitement manuel envisage la rééquilibration musculo-aponévrotique avant d’aborder spécifiquement les secteurs articulaires déficitaires. Le maintien des acquis repose sur la rééducation sensorimotrice, le renforcement musculaire et la correction posturale.
Au-delà de l’action béné que sur la douleur et la gêne fonctionnelle, le retour de la mobilité volitionnelle restaure la vocation première du rachis cervical qui est de permettre au patient d’explorer son environnement. Ces différentes étapes auxquelles nous sommes attachés doivent permettre au kinésithérapeute de mettre en place la progression la mieux adaptée pour son patient.
Retrouver la liberté articulaire redonne mobilité et stabilité, garantes d’un rachis e cient permettant à la tête de s’orienter dans l’espace et donc d’assurer les échanges sociaux, professionnels et culturels, nécessaires à la vie d’échange qu’est la vie humaine.
Gardons en mémoire cette phrase de Feldenkrais: « Si le lynx avait un cou raide, il ne survivrait pas longtemps dans la nature « N’est-ce pas aussi le cas de l’homme, quel que soit le milieu dans lequel il évolue?